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L'équipe.

Les huiles essentielles, l'arme secrète de Marc Cuvelier, le kiné du LOSC

Marc Cuvelier (R. Potocki /L'Équipe)

Depuis dix ans, Marc Cuvelier, le kiné des footballeurs lillois, convertit son vestiaire aux huiles essentielles. Une révolution à la portée de tous, pros comme amateurs.

Romain Potocki, à Lille25 octobre 2019 à 13h00

Peu de clubs de Ligue 1 peuvent se targuer de compter un « druide » dans leurs rangs. C'est pourtant le surnom qu'a gagné Marc Cuvelier, kiné du LOSC depuis vingt-cinq ans. Son secret ? Les huiles essentielles. « Je les ai découvertes grâce aux joueurs. Certains étaient allés voir des naturopathes, ils sont revenus en me demandant : "Tu peux me masser avec ça ?" » Le kiné se documente compulsivement, vérifie que ces essences naturelles ne contiennent aucun produit dopant, puis bascule. Se forme à l'aromathérapie, à la médecine chinoise. Et finit par tester les huiles... sur ses proches et lui-même. Les résultats l'étonnent tant qu'en 2009, il saute le pas et propose aux joueurs cette nouvelle approche du soin.

« Hazard est revenu en me disant : "C'est quoi, ce que tu m'as mis ? ! Parce que j'ai quasiment plus rien !" »

 D'abord sceptiques, les pros ont vite fait de changer d'avis. « C'est un autre monde, explique Cuvelier, quelque chose de puissant, qui n'existe pas ailleurs. À partir du moment où tu le rencontres, tout change ! Ta perception, ton alimentation... » En témoigne un certain Eden Hazard, pourtant pas un habitué de la table de massage à l'époque, mais venu trouver le kiné pour un gros hématome. « Je lui ai fait des points de shiatsu avec mes huiles essentielles. Le lendemain, il est revenu en me disant : "C'est quoi, ce que tu m'as mis ? ! Parce que j'ai quasiment plus rien !" »

Eden Hazard sur les épaules de Marc Cuvelier en 2011. (DR)

Traumas en tout genre, respiration, tonus, récupération, les huiles donnent au kiné des réponses à tous les problèmes que se posent les joueurs pro. Mais, surtout, facteur essentiel quand on a un match tous les trois jours, elles lui permettent d'accélérer les traitements : « Tu vas deux fois plus vite ! Au niveau récupération, on gagne un temps fou. » Aux joueurs qui reviennent le voir éberlués, Marc Cuvelier parle des plantes. De l'épinette noire, « un tonique veineux très puissant, qui va agir sur le sang, la lymphe, aider à détoxifier ». Ou de la gaulthérie, « un anti-inflammatoire naturel, une huile qui réchauffe et décontracte ». Mais aussi du bois de rose, du cyprès, du niaouli, de la menthe ou du basilic, « un formidable facilitateur de digestion ».

Franck Béria lui a amené sa famille

Avec les années, la palette du kiné s'étoffe de dizaines d'essences et le vestiaire finit par trouver ça normal. Franck Béria, défenseur lors du doublé Championnat-Coupe de France en 2011, ne s'en est jamais remis. « Il m'a amené sa famille, m'a demandé des conseils pour ses enfants... Les gens, quand ils sont ouverts, s'aperçoivent vite que ça marche très bien », poursuit Cuvelier.

Toutes les huiles ne fonctionnent pas avec tous, mais chacun peut trouver les siennes. Aussi le métier de Marc Cuvelier, comme de tous les aromathérapeutes, est d'abord d'écouter, d'observer et de déterminer le morphotype du patient - qu'Hippocrate, il y a 2 500 ans, appelait les « humeurs ». Liées aux liquides fondamentaux de l'organisme, elles dessinent quatre groupes : les sanguins, les lymphatiques, les bilieux et les nerveux. À chacun sa dominante et ses mineures. « Mike Maignan, comme beaucoup de gardiens, est un lymphatique. Ce sont de gros travailleurs avec une prise d'initiative limitée. Mais, par moments, il est aussi bilieux, le morphotype des leaders. »

Mike Maignan (Jérôme Prévost/L'Equipe)

Le but du traitement par les plantes ? Rééquilibrer les humeurs de chacun et « recentrer » le joueur : « Énormément de footeux sont des sanguins. Avec parfois de grosses colères, oui, mais ce sont aussi des collectifs, des animateurs, comme Florent Balmont. » À chaque humeur ses huiles : la gaulthérie pour le sanguin, le bois de rose pour le nerveux, le cyprès ou les agrumes pour les lymphatiques - pour ne citer que quelques exemples. Reste l'hélicrise italienne qui, comme son nom ne l'indique pas, est issue d'une fleur qui ne pousse qu'en Corse. « C'est l'une des rares huiles magiques : elle marche sur tout le monde. C'est dix fois plus efficace que l'arnica ! »

Ne parlez pas à Marc Cuvelier de médecine douce, il vous rirait au nez. « Rien qu'à l'odeur, tu sens la force d'une huile essentielle. » Pour s'adresser à tous (à part aux jeunes enfants), l'aromathérapie doit être prise au sérieux, avec l'aide d'un professionnel et surtout avec anticipation.

Marc Cuvelier dans le vestiaire du LOSC (Romain Potocki/L'Equipe)

« C'est comme celui qui se prépare à son premier marathon : s'il s'y met 15 minutes avant, il n'a aucune chance. Il faut changer de système, anticiper, laisser à l'huile le temps d'interagir avec le corps. » Sur la table de massage, Leo Jardim, le deuxième gardien du LOSC, se marre. « Il avait une énorme pizza sur la hanche et comme il plongeait encore dessus, ça ne s'arrêtait jamais. » L'hélicrise est passée par là, et en quelques massages la blessure a cicatrisé. On se prend à rêver : est-ce qu'il n'y aurait pas une huile pour soigner les défaites ? Marc Cuvelier sourit. « Non, parce qu'une défaite, c'est toujours collectif... »

publié le 25 octobre 2019